Le secrétaire d’Etat chargé du Brexit, David Frost, s’attaque au rôle de la Cour européenne de Justice (CJUE). Dans un discours à l’ambassade du Royaume-Uni au Portugal, ce diplomate de carrière, spécialiste des relations commerciales, ayant fait un petit saut dans le lobby du whisky, est l’un des grands négociateurs britanniques. Nommé à la Chambre des Lords en 2020, il entre au gouvernement Johnson.
Dans un ton très policé, il a lâché des phrases très importantes: ce qui unit la France et le Royaume-Uni militairement, c’est leur propension à agir à l’étranger dans la défense de l’Europe.
La géographie compte, et depuis le Brexit le Royaume peut agir énergiquement pour raffermir ses relations atlantiques, dont particulièrement le Portugal qui est le plus vieil allié avec un traité signé en 1375!

discours à l’ambassade GB de Lisbonne, 12 oct 2021


La démocratie, définie par Frost, exige que les gouvernements répondre aux vœux de son peuple. Le populisme défie le consensus technocratique, et Lord Frost est entièrement populiste. L’électorat doit obtenir des résultats, et dans l’UE cela est moins le cas. “De nombreuses décisions ne peuvent être prises dans les pays européens, c’est votre choix mais pas le nôtre”. Et aujourd’hui nous voyons une UE qui ne nous facilite pas la vie, et qui nous reproche plutôt un manque de bonne volonté.
En ce qui concerne les États-Unis, Lord Frost a un autre angle: les liens historiques, philosophiques et culturels sont très forts, et pèsent dans la relation. Le ministre ne voit pas spécialement de liens avec les nations du continent, car avec eux il y a principalement des convergences géopolitiques.
Sur le Protocole Nord-Irlandais, l’UE et le R-U ont un réel différent, dit-il. Il comprend que les Européens soient froissés par la perspective de revenir sur le protocole, “mais ce n’est pourtant pas rare en relations internationales” ajoute-t-il avec une assurance absolue. L’UE n’a-t-elle pas utilisé le protocole pour encouragé le sentiment anti-Brexit dans le Royaume? Puisque le protocole a été négocié lorsque le R-U était entravé, il ne pouvait raisonnablement perdurer dans sa forme actuelle. Aujourd’hui, le Protocole est rejeté en Irlande du Nord, et ne protège plus les Accords de Belfast/Vendredi Saint, au contraire. Nous avons une frontière européenne au milieu de notre propre pays, sans le consentement du peuple.
Nous acceptons un certain nombre de mesures dans le Protocole, mais pas autre chose. Nous ne voulons pas employer un futur Protocole comme un Nous ne voulons pas que les contentieux soient jugés devant la Cour Européenne de Justice. (Est-ce que le Protocole dit cela? À première vue, oui, la loi européenne fait jurisprudence).
Frost encourage le Portugal, et les autres autres États de l’Union, de déminer la crise sur l’Irlande du Nord. Si ce pas est franchi, les autres litiges seront plus faciles à négocier.
En conclusion: ce discours, curieusement livré à Lisbonne sans qu’on sache pourquoi dans les déclarations officielles britanniques, est un gant jeté à terre devant l’UE. Avec toute l’élégance de certains Brexiters, il a devancé les Européens en s’exprimant dans un pays fortement pro-UE et pro-britannique à la fois. Le Protocole est mort selon le gouvernement Johnson, et donc pourquoi les Européens s’acharneraient à le maintenir? Pour reprendre la conclusion de Lord Frost, “j’espère parler l’année prochaine à Lisbonne sans avoir à prononcer le mot protocole”. D’ici là, il va bien falloir en parler! HT

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